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mercredi 1 juin 2011

La non-interview de Marduk

Musik-Industry est un beau webzine que je ne connaissais pas jusqu'à ce qu'ils racontent leurs mésaventures avec Marduk. Comme j'adore rigoler presqu'autant que le black metal, je ne résiste pas à vous la retranscrire telle quelle : 
Le 31 mars 2011 à 12h30, la boîte de prod de Marduk m’envoie un mail m’annonçant la sortie d’un nouvel EP, « Iron Dawn ». Du coup, dans un élan de curiosité pragmatique, je propose à H.I.M Media de faire une interview du groupe. Le même jour, à 16h52, un type de chez H.I.M. me répond : « Par mail sans souci, 10 questions ça sera bien, et si possible rapidement.» P’tain 10 questions à Marduk quoi ! Un Fréquenstar en pentagramme inversé. Le 5 avril, j’envoyais mes 12 interrogations à Marduk, plus chaud que Laurent Boyer en corpse painting. Je n’ai eu aucune nouvelle de la prod. J’ai relancé par mail, usé du très intrusif « chat Gmail », rien. Puis un matin, je reçois ceci : « Désolé, pas d’interview pour ce groupe, Marduk est en tournée, n’insistez pas, je ne suis pas le groupe. »
Ok, on n’est pas Metallian, mais ya un moment où faut arrêter de se foutre de ma gueule. Alors certes, ma liste de questions n’était pas très pro, et n’aurait pas permis au groupe de livrer des réponses intéressantes et informatives. Son but était autre. Je voulais voir si le Trve Black était capable d’auto-dérision. Plutôt que de demander « Pourquoi le sang, pourquoi Satan, pourquoi le noir, pourquoi les clips dans la forêt… », je souhaitais demander « Pourquoi pas le contre-temps, pourquoi pas une section de cuivres, pourquoi pas des textes sur la tolérance et la légalisation, pourquoi pas de surfeurs dans les clips… ? »























Du coup, voici l’interview qui aurait pu innocenter DSK, qui aurait pû faire intégrer le rouge-jaune-vert dans les typo black, et qui aurait pû faire du Hellfest et de la Fête de l’Huma une seul et même évènement…




- Le 27 mai prochain, vous sortez un EP 3 titres, « Iron Dawn ». Près de 20 années de sont écoulées depuis la parution de « Dark Endless ». Comment on entretient 2 décennies d'extreme violence?

- Comment on en arrive à un Black Metal aussi radical?
- Vous n'avez pas envie de calmer le jeu parfois?
- Beaucoup considèrent que votre album « Panzer Division marduk » est le disque le plus brutal de tous les temps. Selon vous, quel est le disque le moins brutal de tous les temps?
- Vous vous êtes illustrés dans l'art de la pochette d'album à scandale. Après « Fuck Me Jesus » (1991), montrant une femme se masturbant avec un crucifix, vous décidez de placer un aigle « ambigu » sur l'album « Warschau » (2006). Certains y voient une allusion au nazisme. Ne serait-ce pas simplement un clin d'oeil à l'ornitologie?
- Aujourd'hui, il existe une branche presque « commerciale » du death-black, avec des groupes comme Cradle Of Filth, Dimmu Borgir...Que pensez-vous de la démarche de cette nouvelle scène? La jugez-vous contraire à l'éthique « true black »?
- Et Gaahl (chanteur de Gorgoroth) qui pose dans Vice Magazine, en plein étreinte avec son boyfriend pour officialiser (et revendiquer) son homosexualité. N'est-ce pas un peu « people » comme démarche?
- A ce propos, l'aspect visuel est primordial dans le black : corpse painting, effusion de sang, croix inversées, cheveux longs, bracelets à pics...est-ce indispensable? Est-ce que cette musique a besoin de cet univers visuel pour exister?
- Quand vous n'êtes pas sur scène, vous arrive-t-il de porter des jeans et des t-shirts?
- Et des t-shirts blancs..?
- Je parlais d'hémoglobine tout à l'heure, et lorsque je tape sur internet « Marduk+sang », mon moteur de recherche affiche plus de 150 000 pages. Or, lorsque je réitère ma recherche avec les mots-clés « lait maternel », « salive », ou encore « jus de fruits multivitaminé », aucun résultat. C'est un peu injuste non?
- Peut-on combiner black métal et vie de père de famille?
- Pensez-vous qu'un jour un groupe de black célèbrera la joie de vivre?
- D’ailleurs, les t-shirts les plus vendus sur le marché sont les Bob Marley, les System Of A Down, et les Marduk. Comment l’expliquez-vous ?
- Last question : Vous sentiriez-vous capables de composer des morceaux en remplaçant par exemple les termes « coffin » par « boîte à musique »? « fuck » with « cuddle »? « Die » with « LOL »? Or « Fistfucking God's Planet » with « OMFG Cuuuuute <3 » ?

Rien que la question sur l'album le moins brutal je me suis pissé dessus... Alors, c'est quoi selon vous l'album le moins brutal du monde ?

vendredi 11 mars 2011

Exclu Mondjaaaaaale : l'interview de XAVIER CARION

Depuis la reformation de Channel Zero, il y a un truc qui me turlupine, moi et la plupart des vieux fans du groupe : pourquoi Xavier Carion n'est pas de la fête ? Et pourquoi ils ont choisi Mikey Doling pour le remplacer ? Les rumeurs sont nombreuses, les raisons officielles (les problèmes d'oreille de Xavier) pas très crédibles, et je me doute que même si le groupe acceptait que je les interviewe, ils ne s'écarteraient sans doute pas de la version "officielle". Loin de moi l'envie de polémiquer sur le sujet, mais je me suis quand même dit : et si je demandais à Xavier Carion ? D'autant qu'il est toujours bien actif, en tant que producteur, mais aussi comme guitariste de Master Of Waha, un nouveau groupe ultra prometteur dont on a déjà parlé dans ces pages, et Sons Of Jonathas, dont The Death Dealer, sorti en 2005, est un vrai bijou de brutalité thrash moderne droit dans ta gueule ! Du coup on a parlé un peu de Channel, mais surtout de ses projets à lui !

Hail & Kill : Salut Xavier, comment ça va depuis le temps ?
Xavier Carion : Tout va bien, merci ! J'ai eu quelques soucis avec mes oreilles, mais ça rentre dans l'ordre pour le moment.

H&K : Peux-tu nous présenter Master of Waha, ton nouveau projet ?
XC : Bien sûr ! Master Of Waha s'est formé l'année passée, avec moi et le batteur de Sons Of Jonathas. On avait commencé le deuxième album de Sons, et entretemps j'ai rencontré Jason, le chanteur. On a décidé de faire un album autour de sa voix. Le nom, Master of Waha, vient de la légende du maître de Waha, un petit village des Ardennes.

H&K : Un album est-il prévu ? Des concerts ?
XC : Oui, on a déjà donné deux concerts : un au Negasonic qu'on peut voir sur YouTube. On a aussi fait le Hexenkessel Festival, dans le Limbourg. L'album sortira au mois d'avril (ndlr : Youhou !), chez PIAS normalement.

H&K : Qu’en est-il de Sons Of Jonathas ?
XC : On va enregistrer un mini qui sortira au mois de juin, mais Sons restera un projet Studio.

H&K : Tu as d’autres projets ? En tant que musicien et/ou producteur ?
XC : Comme producteur oui, j'ai pas mal de boulot, avec des groupes comme Sardonis, Resistance, Evil Shepherd...

H&K : Que penses-tu de la scène métal actuelle ?
XC : Ça manque un peu d'aventure musicale tout ça !!!

H&K : Et en Belgique ?
XC : Les groupes ne sont pas mauvais, c'est plutôt l'industrie autour qui est lamentable.

H&K : La dernière fois que je t’ai vu sur scène, c’était avec Channel au Riverside à Esneux, en 1996. 15 ans après, quel regard portes tu sur la carrière du groupe, sur les raisons qui vous ont poussé à arrêter, et sur la reformation ?
XC : Incompatibilité musicale. Aujourd'hui, Channel Zero, c'est plutôt un grand cirque comme Bouglione, il n'y a plus de vibes dans ce groupe !!!

H&K : Est-ce qu’on doit croire les raisons officielles de ta non-participation à la reformation de Channel Zero ?
XC : Non bien sûr ! Ils ont profité de mon problème d'oreille comme excuse pour la réunion. Le fait est qu'ils ont voulu le faire sans moi, pour plusieurs raisons.

H&K : Tu n'es donc pas en très bons termes avec eux ?
XC : héhéhé non.

Est-ce que tu as été voir un de leurs concerts ? Que penses-tu de Mikey Doling ?
XC : J'ai reçu le dvd. Je pense que ce mec peut être bien pour un nouvel album de Channel Zero, mais pour jouer les anciens morceaux, sa technique de jeu est trop différente de la mienne. Je ne vois aucun riff qu'il joue correctement :(

Loin de moi l'idée de vouloir lancer des polémiques et jeter de l'huile sur le feu, mais je trouvais important que Xavier Carion, qui est quand même un membre fondateur et le compositeur principal des quatre albums du groupe, ait son mot à dire. Channel Zero a choisi une autre voie, et je leur souhaite de parvenir à leurs fins, mais je voudrais que la conclusion de cette interview tourne autour des réjouissances : du nouveau son pour Sons Of Jonathas, et un album pour Master Of Waha !

vendredi 14 janvier 2011

Times Of Grace en auto-interview

Je ne l'ai pas encore officiellement écouté parce qu'il n'est pas sorti, mais je compte bien l'acheter dès la minute ou il touchera les rayons des disquaires dans 4 jours. Je sais en tout cas que l'album de Times Of Grace, projet réunissant Jesse Leach et Adam D., est une PUTAIN DE TUERIE DE SA MERE !!!!! Du genre à se retrouver tout de suite sur le podium 2011, avant même sa sortie, et alors que l'année n'a même pas encore commencé ! Et je pèse mes putains de mots, croyez-moi bien ! En attendant de décortiquer la chose, Adam D., égal à lui-même, interviewe un Jesse Leach qui n'a pas encore l'habitude des médias, et qui n'a pas l'air conscient du statut quasi divin que lui confère le putain de chef d'oeuvre qu'il s'apprête à livrer au monde.

jeudi 16 décembre 2010

CROWFUCKINGBAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRR

Je suis fermement décidé à pas vous lâcher la grappe une seconde avec Crowbar, tellement je suis chaud comme une baraque à frites à l'idée de la sortie quasi-imminente de l'album du siècle.
Aujourd'hui, une cool interview de Kirk, parce qu'il est beau, et en plus y chante bien.

dimanche 5 décembre 2010

Stealing Axion : l'interview

Un coup de cœur de l'ami Butt et hop... Hail & Kill se translate outre-Atlantique pour rencontrer les gars de Stealing Axion, histoire de les cuisiner un peu.
Rencontre instructive avec Josh DeShazo, Dan Forbrich et Phil Wilmarth...


Hail & Kill : Commençons par le commencement. Dites-nous tout sur le groupe, vos origines, etc.
Dan : Nous sommes Stealing Axion de Tacoma, WA près de Seattle. On a vécu dans les environs de Seattle depuis toujours. SA a commencé comme une espèce de side-project, on faisait tous nos trucs de notre côté, mais on gardait toujours en tête l’idée de monter notre groupe ensemble. Une fois que nos horizons se sont dégagés, on a farfouillé parmi tout le matériel qu’on avait écrit et on s’est rendu compte rapidement qu’un vrai projet se mettait en place. On s’est découvert une telle alchimie entre toutes nos influences mêlées qu’on a décidé de faire passer le groupe à un niveau supérieur en enregistrant un LP et en planifiant des tournées.

Hail & Kill : L’EP est fantastique. Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire/l’enregistrer ?
Phil : Merci! Le matériel qui allait se retrouver sur le LP était en fait déjà gravé dans la pierre avant même qu’on n’enregistre notre première démo. Il s’est fait que les 5 morceaux de l’EP étaient les plus récents qu’on ait écrits puisque Dan et moi avions déjà collaboré pour la démo. L’enregistrement n’a pas pris longtemps, quelques semaines pour le tracking complet vu que notre processus d’écriture donne des démos détaillées. Il nous arrive de composer pendant qu’on enregistre et c’est l’un des gros avantages d’utiliser un logiciel comme le Superior 2.0 de Toontrack.

Hail & Kill : Vous avez bénéficié de l’aide d’un génie de studio inconnu? Ça sonne tellement bien qu’on a du mal à croire à une auto-production !
Dan : On a eu la chance énorme de pouvoir bosser avec Acle Kahney de 4DSounds/Tesseract. Il a mixé et masterisé notre EP, il fera la même chose pour l’album et peut être même pour les projets futurs. On a tout enregistré dans notre home studio puis on a envoyé le résultat à 4DSounds où il a fait parler sa magie pour nous sortir un mix qui tue !

Hail & Kill : Le proposer en téléchargement gratuit était plutôt intelligent. Vous allez faire la même chose avec l’album ?
Josh : On est toujours en discussions pour savoir comment on va sortir le LP et ça va dépendre très fort du fait qu’on le fasse indépendamment ou via un label. On voulait donner à tous un aperçu de ce qu’on pourra découvrir sur l’album en offrant l’EP gratos et entendre ce que nous sommes capables de produire.

Hail & Kill : Dites-nous tout sur ce futur album. A quoi peut-on s’attendre ?
Phil : Tous les morceaux de l’EP seront sur l’album, juste légèrement remixés et remastérisés, en plus de 6 autres titres qu’on est en train de fignoler. Ces 6 morceaux tournent autour des 50 minutes, à ajouter aux 26 de l’EP donc ça va être un disque sacrément rempli ! On a décidé d’en faire un concept album mais, au lieu de suivre la voie traditionnelle du point de vue des paroles qui forment une histoire continue, on a basé chaque titre sur des thèmes tirés du concept général. Sois sûr que si on ne travaille pas certains aspects particuliers cette fois-ci, on le fera les fois prochaines ! On cherche toujours à élargir nos horizons musicaux et à laisser les gens qui écoutent deviner.

Hail & Kill : J’entends du Meshuggah, du Devin Townsend et beaucoup de djent dans votre musique ? Vous confirmez ?
Josh : Et comment ! Tu as mis en plein dans le mille. Meshuggah a changé nos vies quand on a entendu Destroy. Erase. Improve. (NDLR : gloups, moi aussi…). Toute cette scène djenty qu’on entend de nos jours est d’une telle qualité que ça nous motive à continuer dans notre voie. On a toujours écouté des groupes comme Opeth, Tool, Meshuggah et Strapping Young Lad ou le Devin Townsend Band depuis des années et des années et entendre finalement ces fantastiques influences ouvrir le chemin de la prochaine vague du métal nous passionne et on est vraiment honorés d’en faire partie !

Hail & Kill : Quelle est la petite histoire derrière le nom du groupe ?
Josh : On est tous vraiment fascinés par la science. Je trifouillais Internet à la recherche de termes de physique sonnant comme de bons noms de groupe et je suis tombé sur « axion ». Un axion est une particule hypothétique qui, si elle existe vraiment, serait un composant de la matière noire froide (NDLR : cold dark matter). On s’est dit que matière, noire, froide faisaient brutalement métal et qu’on pourrait bien s’en servir pour utiliser le nom Axion. Malheureusement, c’était déjà pris, alors Phil, en déconnant, a suggéré « Stealing Axion » (NDLR : voler axion, volant l’axion). On s’est marrés mais ça a fini par faire son petit chemin, on a pensé que ça sonnait très cool et qu’en plus c’était une sorte de paradoxe.

Hail & Kill : SA se serait-il déjà produit en live? Des dates prévues ?
Phil : Puisqu’on s’est formés qu’au milieu de cette année, on n’a pas encore eu l’opportunité de jouer et on cherche encore à compléter notre line up. On a vraiment l’intention de jouer autant de gigs que possible on est en train à l’heure actuelle de préparer notre show maintenant que l’album est enregistré et prêt. On sera sur scène en 2011.

Hail & Kill : Avec qui aimeriez-vous partager la scène ?
Dan : Il y a des tonnes de groupes avec lesquels on adorerait jouer ou qu’on aimerait rencontrer. Le show de nos rêves serait avec Meshuggah ou Devin Townsend vu que ce sont nos influences majeures et qu’ils sont capables de balancer parmi les meilleurs shows qu’on puisse voir. Ce serait aussi génial de jouer avec quelques uns des nouveaux qui sont très impressionnants comme Tesseract, Periphery, Chimp Spanner ou Animals As Leaders.

Hail & Kill : Ce qui vous rend assez spécial est que vous disposez d’un vrai chanteur capable de chanter. Pourquoi un tel choix alors que la plupart des chanteurs de djent ou de quelquechose-core prèfèrent plutôt hurler ?
Josh : Je pense que ça vient juste de la diversité de notre apprentissage musical. On a tous été fans de prog classique depuis notre enfance alors des groupes comme Gentle Giant, Pink Floyd et Yes influencent toujours grandement notre musique. Plus tard, Mike Patton et Devin Townsend ont eu un grand impact sur ma manière de chanter. Je crois que ça a fini par faire partie du groupe à force d’y être exposés. On pense aussi qu’un mélange de cris et de chants mélodiques donne une belle variété à notre musique.

Hail & Kill : Etes-vous conscients que l’aspect progressif de votre musique lui donne un air plutôt européen ? Vous connaissez ou écoutez des groupes tels que Textures ou Hacride ?
Dan : On est tellement fans de métal européen que c’est pas du tout étonnant que ça rejaillisse dans notre musique. Les deux groupes que tu as mentionnés sont énormes et on adore leur son. On aime des groupes européens comme Gojira… et il faut croire qu’il y a un truc particulier dans le biberon des Suédois vu que tous nos groupes favoris viennent de là, que ce soit Meshuggah, Opeth, Katatonia, The Flower Kings, In Flames, Pain of Salvation, etc.

Hail & Kill : Les gars, vous avez l’air… aussi lourds que votre musique :) Ça vous dirait de tourner avec Crowbar ?
Phil : Hahaha, ben ça fait partie du spectacle. On veut avoir l’air aussi lourds que possible pour pousser encore plus loin notre potentiel à être heavy. Le métal, c’est pas être mignon, c’est être brutal. On va dire ça comme ça : on sait comment on massacre un cheeseburger, hahaha. Et yeah dude, Crowbar ce serait terrible, il faudrait juste un entracte avec un duo Gene Hoglan / Dino Cazares !

Hail & Kill : Des contacts avec des labels ? On adorerait vous voir jouer en Europe !
Phil : On y travaille, on divulguera l’info dès qu’on le pourra. Et ce sera un rêve devenu réalité de pouvoir tourner en Europe, donc on sautera sur n’importe quelle opportunité pour pouvoir le faire !

Hail & Kill : Donnez-nous cinq groupes brutalement bons, et approuvés par SA, qu’on ne connait pas (encore).
Josh : Nos bons amis de Being, Novallo et Benevolent que tout le monde devrait absolument découvrir. Ils enfoncent des portes et sont bien à part de plein d’autres nouveaux groupes, sans oublier que ce sont des gars géniaux. Les tech-métalleux extrêmes de Car Bomb sont un autre groupe qu’on a découvert récemment après les avoir vus sur scène il y a environ un an, il sont tarés ! Et… si tu ne l’as pas encore fait, jette-toi sur Tesseract évidemment et on est certain que tu seras impressionné.

Hail & Kill : Merci à vous. Un dernier mot pour nos lecteurs ?
On est super excites à l’idée de sortir notre premier album. On est impatients de voir des gens connaître le groupe à travers cette musique. Le LP sera aussi diversifié que l’EP. Attendez-vous à le voir débouler l’année prochaine et merci pour l’interview mec !

mardi 16 novembre 2010

Karnivool : l'interview avec H&K !

Chez H&K, on met les petits plats dans les grands ! N'écoutant que l'appel avide de ses lecteurs, votre serviteur n'a pas hésité à traverser des océans entiers pour discuter le bout de gras avec Jon Stockman, le talentueux bassiste du groupe australien Karnivool. Après deux albums que je vous recommande chaudement (Themata [2005] et Sound Awake [2009]), le groupe se forge progressivement une solide base de fans. Qui sont-ils, que jouent-ils, quels sont leurs projets ? Bonne lecture...

H&K : Commençons par présenter Karnivool aux lecteurs qui n'auraient pas encore entendu parler du groupe...
Jon : Salut à tous ceux qui lisent cet article ! Nous sommes Karnivool, nous sommes de Perth, Australie occidentale, la ville la plus lointaine du monde. Nous jouons une musique à la fois progressive, lourde et mélodique et ce depuis douze ans environ. A ce jour, nous avons effectué une seule tournée europenne qui, bien que courte, a été extrêmement agréable de notre point de vue, et pour les gens qui y ont participé aussi, du moins je l'espère. L'Australie est un pays très jeune et c'est super de visiter une partie du monde plus ancienne et établie comme l'Europe. Nous ne savons pas encore beaucoup de choses à propos de tous les différents pays, mais nous espérons qu'après quelques autres tournées, nous serons plus familiers avec les étonnantes compétences brassicoles en Belgique... peut-être qu'un jour les producteurs de bière australienne auront autant de talent...

H&K : La scène musicale australienne est relativement peu connue, peut-être en raison du défi que représente une tournée internationale pour les jeunes formations. Comment décririez-vous cette scène ?
Jon : En ce qui me concerne, cela a été la folie. J'ai rejoint le groupe au milieu des années 2000 et il nous a fallu du temps pour commencer à se faire connaitre en Australie -- mais il semblait y avoir un marché pour notre musique, c'est juste que notre style n'était pas encore commercialement très porteur. Nous n'avons bénéficié que de peu de temps d'antenne au début, mais le bouche à oreille a fait des merveilles. C'était une expérience étonnante de se rendre compte à quel point le public grossissait au fur et à mesure des concerts, et nous en sommes aujourd'hui à un stade où nous pouvons nous appuyer sur une base de fans aussi loyale que n'importe quel groupe pourrait espérer.

Finalement, je pense que nous n'en savons pas assez sur les autres scènes à travers le monde... les comparer à ce qui se passe en Australie serait donc inutile. Nous ne sommes pas le genre de groupe dont le but ultime est d'écrire un méga-hit qui vous colle dans les oreilles comme une pub envahissante... ce qui nous intéresse, c'est d'écrire des morceaux moins accessibles pour nous-mêmes, en espérant que cela parlera aux gens qui nous écoutent et se rendent compte de l'effort que nous y mettons. Il est évident qu'il est plus difficile de percer dans un marché international, mais nous espérons pouvoir reproduire à une plus grande échelle ce que nous avons réalisé en Australie. Et nous espérons sincèrement que le public répondra présent, en particulier en Europe.

H&K : Vous avez gagné le "Best Hard Rock Act" en Australie après votre premier album studio, Themata. Vous identifiez-vous à la scène hard rock ?
Jon : Cette récompense nous a été attribuée dans le cadre du festival WAMI (Western Australian Music Industry) à Perth. Par le passé, nous écrivions de la musique aux accents plus lourds, surtout si on considère notre EP Persona [en 2001]. Donc oui, à l'époque, nous étions nettement plus heavy que ce que nous avons tendance à jouer actuellement, à savoir du rock progressif mélodique. Nos concerts s'appuient sur une ambiance extrêmement énergique, dont nous nous servons aussi bien pour abreuver le public que pour nous en nourrir... comme une sorte de mouvement perpétuel. Beaucoup de groupes australiens de cette scène nous ont emmenés en tournée, nous avons pu jouer quelques festivals, et c'est à ce moment que nous avons pu progresser à l'échelle nationale. Nous essayons de ne pas être cantonnés à une catégorie bien définie -- nous essayons toujours de repousser les limites de ce que nous attendons musicalement de nous-mêmes, et nous aimons aussi challenger nos fans avec des nouveaux morceaux qui peuvent souvent être tout sauf heavy.

H&K : Themata a ses moments heavy (comme Roquefort et L1FEL1KE), mais le second album studio Sound Awake est plus complexe et progressif.
Jon : Oui, je suis totalement d'accord, c'est exactement là où je voulais en venir avec la question précédente. Lorsque nous avons écrit Themata entre 2001 et 2005, nous sortions de Persona qui était plus lourd voire metal, même si, lorsque j'écoute certains morceaux aujourd'hui, je peux retrouver des éléments de nos influences. Je me reconnais plus dans ce qu'on a fait à partir de Themata parce que je pense que nous avons commencé à développer quelque chose de plus caractéristique et de plus personnel à partir de ce point. Avec Themata (qui a été principalement écrit par Drew et Ian), Drew a passé beaucoup de temps à écrire les lignes de guitare, à programmer la batterie, et à avoir finalement ces bouts de musique dans tous les sens comme un puzzle très compliqué, ce qui a mis du temps à se mettre en place. L'album a été construit à travers la perspective et la vision d'une seule personne, véritablement. En contraste, Sound Awake résulte d'un effort collectif -- Drew a laissé tomber la programmation, Steve s'est mis à écrire les parties de batterie lui-même, et les chansons ont été façonnées par les commentaires de chacun. Nous avons aussi pas mal jammé et je pense que les éléments proggy proviennent de ces sessions. Nous aimons la musique progressive, mais nous ne tentons jamais de forcer un aspect progressif sur chacune de nos chansons. Mais quand un tel aspect nait pendant un jam, alors il a généralement déjà un groove bien particulier, plutôt que d'être une sorte de formule toute faite.

Roquefort


L'autre différence avec Themata, c'est que Sound Awake bouillonne de plein de trucs différents, nous avions presque trop d'idées et chacun voulait tout mettre dans chaque chanson ! Comme nous avons passé beaucoup de temps dans notre jam room, nous avons commencé à écrire des sections qui constituaient une ossature minimale, mais qui avaient ce poids incroyable et qui sonnaient tellement différent de tout ce que nous avions fait avant. D'une certaine manière, la dynamique à travers Sound Awake mimique les jams qui ont donné naissance aux chansons et dans ce sens, l'album est la représentation la plus proche du son du groupe à ce jour.

H&K : Exhauceur de souhait #1: la chanson que vous auriez aimé avoir écrite ?

Jon : Probablement Lover You Should Have Come Over de Jeff Buckley. Il y en a beaucoup d'autres, mais je pense que celle-ci est impeccable et très émouvante aussi bien lyriquement que musicalement.

H&K : Quelles sont vos influences ? Ma première réaction à l'écoute de vos albums fut "Voici un groupe qui semble apprécier Tool et A Perfect Circle"...
Jon : Haha ouais, on nous le dit souvent... beaucoup de gens nous accusent même d'être des "wannabes" de Tool, ce qui est à la fois malheureux et débile. J'aime beaucoup ces deux groupes, mais il y a tellement d'autres groupes que j'aime tout autant et certains plus encore, que ces deux-là en particulier sont finalement une influence parmi plusieurs centaines. J'ai toujours l'impression de recevoir de la musique intéressante et rafraichissante de la part de Drew, qui est toujours à la recherche de nouveaux groupes essayant de faire quelque chose de différent. Le dernier groupe qu'il m'a fait découvrir est The Books... ils m'ont vraiment impressionné par leur production tout à fait unique. Personnellement, ma plus grande influence serait probablement Radiohead, j'aime tout ce qu'ils ont fait et je pense qu'ils semblent avoir quelque chose qu'aucun autre groupe ne possède. Je suis aussi un grand fan de Soundgarden, comme les autres je pense. Mais je vais manquer de place si je commence à mentionner même une infime partie de toutes mes influences !

Nos influences ne sont pas limitées à la musique d'ailleurs, nous sommes influencés par tout et n'importe quoi, les actualités, la philosophie, la nature, la science, les couleurs, et plein d'autres choses. Souvent, quand nous écrivons de la musique, on la voit en termes de couleurs et d'images plutôt que sous la forme de vers et refrains. Au fur et à mesure que nous explorons, les morceaux prennent forme et nous commençons à reconnaître en eux quelque chose qui nous donne une base pour la chanson. C'est difficile à expliquer sans avoir l'air d'une clique de stoners mais c'est la vérité.

H&K : A propos des influences -- la chanson The Medicine Wears Off fait penser à Radiohead et Thom Yorke... est-ce intentionnel ?
The Medicine Wears Off


Jon : Vraiment ? Non, ce n'est certainement pas intentionnel, mais je peux voir la comparaison. C'est vrai que cela rappelle la façon qu'il a de se déplacer très harmonieusement sur le plan vocal, avec beaucoup de changements chromatiques... c'est probablement l'une des choses que j'admire le plus chez Radiohead, mais je ne pense pas que cela ressemble à quelque chose qu'ils ont fait directement, du moins je l'espère... Medicine devait effectivement être utilisé au milieu de The Caudal Lure comme un bridge entre la première partie et la fin plus sombre, mais nous avons fini par l'utiliser comme une piste d'introduction à The Caudal Lure. Je suis content que nous ayons pu l'inclure de la sorte, car c'est typiquement quelque chose qui serait passé à la trappe sur Themata, et nous voulons être maintenant en mesure de donner à chaque album son propre son !

H&K : Exhauceur de souhait #2 : quel est le groupe pour lequel vous aimeriez ouvrir ?
Jon : Yanni. Non je plaisante, sans doute Soundgarden ou Muse peut-être ? Les deux groupes sont géniaux sur scène et je pense que leur public comprendrait d'où nous venons en tant que groupe.

H&K : Vos albums proposent des morceaux souvent longs et élaborés, servis par une écriture riche et colorée, mais on y trouve aussi des arrangements relativement complexes qui semblent présenter un sérieux challenge quand il s'agit de les transposer sur scène. Comment gérez-vous cela ?


Jon : En fait, nous avons maintenant des pédales qui pourraient sans doute équiper le Millenium Falcon, haha. Nous avons également pas mal de samplers et autres gadgets midi juste pour jouer Sound Awake en concert, y compris un xylophone midi, un vieux Moog, un séquenceur SPD et plein d'autres trucs. Fondamentalement, on n'a pas beaucoup pensé à ce genre de considération quand on a enregistré et on a commencé à déconner avec des instruments supplémentaires et des samples. C'est devenu un peu difficile quand est venu le temps de jouer en live, mais nous avons réussi à garder la plupart des samples et les instruments principaux samplés en direct, en temps réel et pas juste sur une piste Pro-Tools. Il reste une piste d'accompagnement, mais c'est surtout pour des synthés et quelques obscurs samples qui ne pouvaient pas être reproduits en direct.

Hos a un pick-up GK sur sa guitare qui lui permet de jouer la plupart des lignes midi de l'album, et quelques-uns des samples sont en fait des guitares avec des effets bizarres qui sont faciles à reproduire. Le seul problème, c'est quand il faut commencer à tourner les boutons des pédales en plein concert... Drew avait ce problème sur un passage de Change, parce qu'en studio, notre producteur avait tout manipulé sur son Z-Vex Fuzz Factory. Il a finalement résolu son problème en achetant une pédale appelée "Third Hand", qui se présente comme une pédale wah-wah, mais qui est munie d'un fil qui se déplace lorsque vous appuyez sur la pédale. Très élégant comme design.

H&K : Vous avez été sélectionnés pour faire partie de la bande originale du film "Saw 7". Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le contexte ? Allez-vous proposer un morceau existant, ou allez-vous écrire une nouvelle chanson pour cette occasion ?

Jon : Ils ne nous ont jamais approché dans le but d'écrire un morceau spécialement pour le film, cela n'arrive pas très souvent et jamais à nous en tout cas, bien que j'aimerais relever ce genre de défi. A ma connaissance, ils ont choisi Goliath et je ne sais pas où cela apparaitra ni dans quel contexte, mais je suis sûr qu'ils vont l'utiliser avec goût, haha. Je suis un grand fan des Saw, surtout le premier -- vous savez que la série a commencé comme un projet de deux gars de Melbourne ? Ils ont vendu les droits de la franchise après le premier film. C'est incroyable comme les gens veulent utiliser votre musique pour tout et n'importe quoi, nous avons été sollicités à un moment par un lutteur qui voulait utiliser une de nos chansons pour son entrée sur le ring... je sais pas trop où en est la négociation. Mais on aimerait avoir notre musique sur un jeu vidéo, j'ai toujours pensé que certains de nos morceaux heavy étaient bien adaptés à ce genre de support.

H&K : Comment organisez-vous votre vie de groupe avec deux membres impliqués dans d'autres formations (Birds of Tokyo + Pendulum) ?

Jon : C'est vrai que Ian est impliqué dans Birds of Tokyo. Drew et moi-même avons fait une apparition sur Hold Your Colour, la chanson-titre. Je suppose que nous n'avons pas d'autre choix que de suivre une organisation sans faille, car entre Birds Of Tokyo et nous, on a tendance à être bookés toute l'année... Parfois, je me sens désolé pour Ian et je me demande si viendra un moment où il finira dingue et se transformera en ermite dans une grotte sur une île éloignée, à bouffer du poisson cru, des algues et des noix de coco... C'est vrai que notre situation est spéciale, mais nous avons appris à bien la gérer, surtout grâce à la capacité des deux groupes à écrire indépendamment de Ian, ce qui rend les choses plus efficaces.

H&K : Peut-on s'attendre à vous voir en tournée en Europe dans un futur proche ?
Jon : Oui ! Nous arrivons en Europe en décembre de cette année et nous faisons une série de concerts dans plusieurs pays. Je ne suis pas sûr du nombre exact de dates ou si tous les concerts sont bookés, mais nous allons commencer en France et terminer en Allemagne, en passant par au moins quatre autres pays si tout va bien. Nous en sommes très heureux, même s'il fera plus froid qu'en Australie... mais c'était une grande expérience culturelle la dernière fois et on est très impatients de recommencer.

H&K : Un petit update sur le troisième album ? Un chti teaser à partager ?
Jon : Il est certainement en gestation, il est trop tôt pour dire quel genre d'album ce sera... nous sommes en train d'écrire, de jammer et de voir ce que nous produirons cette fois-ci. Je sais que nous désirons ardemment écrire de la musique plus intense cette fois-ci, mais pas nécessairement plus heavy. Nous étendons de plus en plus notre palette musicale et nous aimerions continuer d'expérimenter... pour notre bien et pour celui de nos fans !

H&K : Merci d'avoir partagé ces quelques moments avec nos lecteurs... on espère vous voir bientôt de par chez nous !

Jon : Merci, ce fut un plaisir.

jeudi 3 juin 2010

Interview : The Guilty Brothers Experience (3e partie)

Dernière partie de la loooongue interview de The Guilty Brothers Experience.

Peux tu me parler de Overskies Telegram, un morceau de plus 11 minutes qui contient des éléments quasi métal ?
Bob Litter : On est des putain de métalleux et des vrais de vrais !!! Pas de ceux qui s'affichent "metal" juste pour le principe. Nous sommes de ceux qui l'apprécie pour ce qu'il est... Un style de musique parfois beau et raffiné parfois qui donne tout simplement l'envie de boire une bière ou de taper le mec à coté de toi juste parce que la musique a soulevé un truc en toi. Donc, "Overskies", c'est le plus vieux morceau des Guilty... et même d'Amadeus ... Il a bien sûr évolué, mais c'est le premier truc sur lequel on à bossé !!! sisisisi !!! Donc vu qu'à cette époque on sortait seulement du trip HxC, il contient beaucoup de passages plus durs, oui...
J.Gé : C'est un morceau qu'on joue pour nos proches morts ces dernières années... D'où la mention (Including the March of Death) pour ce passage de fin où ce n'est que du ressenti brut mis sur la bande. C'est, à chaque fois qu'on le joue, l'occasion de faire exploser la douleur et l'incompréhension qu'on a accumulé en perdant ces gens... D'où en effet cette violence qu'on retrouve plus rarement dans le reste de l'album... C'est aussi le morceau où Manu est venu jouer, et sa partie de sax me donne la chair de poule…

Peux-tu m’en dire plus sur la pochette du disque ?
Bob Litter : Format standard, digisleeve cartonné... Contient le CD avec les morceaux dessus... Merci Charlie...

J.Gé : Encore une fois de l'artisanat familial ! C'est une peinture de Charlotte Istat, qui est la superbe créature avec qui je partage ma vie. C'est surtout un peintre de grande qualité malgré ses 22 bougies et elle est aussi très fort "arrière garde" malgré elle, avec un style sorti tout droit du 19ème siècle. C'est une peinture de 2m/2m à la base, et c'est en la voyant en photo seulement qu'un de nos amis a dit dans le vent : "ce serait une super pochette !"… Après, la présence du drap mauve (la couleur des Guilty) et l'effet qu'elle procurait aux gens à qui on la montrait, souvent négatif avec cette étrange morbidité inquiétante qui s'en dégage (alors que ce n'est jamais qu'un modèle posant sur une table dans un atelier de peinture !) a convaincu tout le monde... On a reçu en plus l'original, qu'on peut apercevoir dans le dernier trailer que Trankil' le Chat a réalisé pour la sortie de l'album ...



Une reproduction de toile comme pochette, vous travaillez beaucoup avec Trankil Le Chat pour les vidéos, on retrouve une citation d’Oscar Wilde en bonne place sur votre MySpace, quel est l’apport des autres formes d’art dans la musique du groupe ?

Sal Jean : Toi tu veux vraiment nos influences nom de djeu!!! 

J.Gé : Ca peut paraître prétentieux et Monsieur Serge m'aurait contredit, mais je pense qu'en tant que musiciens on est des artistes avant tout ... Et donc chaque forme d'art contient cet esprit que nous essayons d'interpréter en musique. C'est donc ultra-enrichissant de faire communiquer toutes ces disciplines et de ne pas seulement "servir" la musique avec des images ou des mots ...

Anton Chagrin : Je pense que nous aimons tous les différentes formes d' art car même si les disciplines sont différentes, on peut y retrouver de l'inspiration.
Bob Litter : Voir le cour de philo de la peintre en question ...

Parlons un peu des textes : Chansons engagées ? Chansons d’amour ? Yaourt ?
Sal Jean : Non Flandise, tu tires la languette, et y a tout qui vient. Spontanéité quand tu me tiens...
Bob Litter : Tout est basé sur l'épopée de Gilgamesh non?
J.Gé : Ce sont des textes assez simples ... Influencés dans la forme par les Symbolistes du 19ème ... D'où l'utilisation d'un Poême d'Oscar Wilde pour les deux "Roses & Rue" ... Il n'y a aucune prétention dans ces textes à dire ce qui ne va pas bien, ni a dire comment faire les choses mieux, ni à attaquer, ni à défendre personne ... Je crois par exemple qu'aucune cause Politique ou Idéologique ne peut résoudre le bordel humain, car tant que les gens sont mal dans leur peau, tu peux mettre au dessus de leur tête toutes les lois ou absences de lois que tu veux, cela reproduira le même bordel ... C'est pour ça que j'ai arrêté d'écrire des textes engagés depuis pas mal de temps ... Les textes de l'Album parlent de la Vie, de l'Amour et de la Mort ... Des sentiments humains universels que l'on éprouve face à ces trois piliers de l'existence ... Ca peut paraître assez pathétique au final, mais le but est encore une fois de se nourrir uniquement de sincérité pour alimenter le groupe  ...

Vous connaissez Mondo Drag ? (http://www.myspace.com/holyrocks)
Bob Litter : Pas encore...
J.Gé : Ben non ! Et ça à l'air vachement pas mal...
Sal Jean : Ouais, pas mal... Mais bon... Dans le genre plus épuré et quelque part plus sale gosse, The Entrance Band.

Vous avez des groupes qu’on ne connaît pas à nous conseiller ?
Bob Litter : The entrance band, The dead weather, Exuviated, VoltVoice, aMute... Bon si vous les connaissez , je pouvais pas le savoir...
Sal Jean : Uniquement les Guilty Brothers!!! Dédicace à la tranche du disque... Sinon, le nouvel album des Dead Weather, vraiment classe. Il se nomme Dead Of Cowards.
J.Gé : Mahmoud Ahmed, Erkin Koray, Vanilla Fudge, Stone the Crows, John Fahey, Victoria Tibblin & Sal Jean, Highsleep with Sloane ...

Et voilà ! Je dois bien avouer que je ne suis pas peu fier de cette interview, non seulement parce qu'elle me donne plein de groupes à découvrir, mais aussi parce que j'aime vraiment bien ce groupe, et je pense qu'ils ont tout pour devenir énormes ! 

mercredi 2 juin 2010

Interview : The Guilty Brothers Experience (2e partie)

Suite de l'interview-fleuve des excellents The Guilty Brothers Experience dont le premier album éponyme est disponible un peu partout...

L’album est co-produit par Rudy Coclet, figure bien connue de la musique belge (Arno, Sharko, Jeronimo, An Pierlé). Quel a été son apport, et est-ce que son nom vous aide à faire parler de l’album ?
Sal Jean : Cet homme a tout d'abord une exigence de qualité tant au niveau de la musique que de la production. Une de ses forces est dans le choix des artistes avec lesquels il décide de travailler, peu importe le genre musical, pourvu que l'artiste fasse bien son "boulot". Notre réelle chance a été dans ce choix, car nous n'aurions jamais cru (ou du moins un petit peu sinon nous ne l'aurions pas contacté), que notre travail l'intéresserait. A partir de là, la magie a opéré... Nous n'avions plus qu'à le regarder travailler et d'échanger nos sourires en guise d'accord.  Son apport fût avant tout humain, car il travaille à l'humain, ensuite son professionnalisme a fait la différence et puis, le résultat que vous entendez sur l'album. Notre force tient beaucoup au fait qu'une personne comme Rudy ait osé miser sur nous, être reconnu par ses pairs, ça vous flanque un coup de bignou dans l'cul, et vous donne de l'énergie pour un grand moment. Ca va bien plus loin que la production de l'album, et ça, c'est son aide pour le boost nécessaire à la défense de celui-ci! Et pour le plaisir de vos oreilles...
J.Gé: Rudy est vraiment un monument vivant de la musique... En plus de ses références plus connues, il faut savoir qu'il a déjà travaillé en live pour des gens comme Maceo Parker et Bootsy Collins... C'est évidemment grisant et rassurant d'avoir quelqu'un avec ce passé qui se penche sur votre musique... Au niveau "philosophie musicale", il représente un peu l'arrière garde, comme j'aime à appeler ça... Et c'est quelque chose qui nous correspond à fond ... Une allergie aux samples, aux triggers, au "tout en digital". On n’est pas vraiment nostalgiques ou rétrogrades, mais on a l'impression que tout dans ce monde va vers le plus lisse et aseptisé possible... On a plutôt un amour pour l'artisanat, et Rudy est exactement cela : un artisan... On est donc venu chez lui avec toutes les prises live qu'on avait fait avec François Vincent et on lui a laissé totalement carte blanche pour cuisiner ces ingrédients. Il a vraiment apporté sa pierre à l'édifice. Après, vu le peu de retours qu'on a pour le moment, je ne pense pas que le fait que son nom soit accolé à la production ait changé grand chose ! On nous prend pas spécialement plus au sérieux pour ça j'ai l'impression ...

Votre musique me rappelle parfois celle du dEUS des débuts. C’est une influence ou c’est moi qui délire et qui entend dEUS dans tous les groupes belges ?
Bob Litter : Evil superstar plus non? Mais c'est pas voulu du tout alors... Quand on est belge... on est Belge ! (Georges Brassens)
Sal Jean : Tu as raison pour un titre, qui est un petit clin d'œil à un groupe en fait, pas dEUS que certains d'entre nous respectent, mais Evil Superstars avec dans ses rangs entre autre, Tim VanHamel, Mauro Pawlowsky, qui maintenant, pour le premier, a créé le groupe Millionaire, et le second oeuvre justement dans dEUS. Influence de la scène anversoise, peut-être, car c'est une des plus riches, ou du moins la plus reconnue, mais dans l'absolu leurs compositions ne nous ont jamais particulièrement transcendé. Pour la scène belge, il est évident que dEUS est un groupe influent, mais le problème c'est qu'un groupe dont l'identité, la revendication de ce qu'on appellera le "rock indépendant belge", est ou était taxé lors de sa sortie,  systématiquement de dEUS ou sous dEUS... quoi que maintenant ça va mieux... Donc pas beaucoup de choix pour défendre ton bazzzarrrrr à ton aise. Et ne pas oublier le grand problème de la Belgique, c'est son et ce son BelgoBelge!!! Donc pour un groupe comme nous, je te fais pas un dessin. Mais ça, c'est un autre problème, et j'ai envie qu'on nous voit nous énerver quand on en parle. Un verre autour d'une table? 
Anton Chagrin : C'est cool dEUS! 
En écoutant l’album, je n’arrive pas à déterminer si les chansons sont calculées de manière super précise ou si elles sont le résultat de jams, comment composez-vous ?
Bob Litter : Elles sont les deux en même temps et/ou séparement... et vice versa... tu suis?

Sal Jean : Encore une fois, c'est notre petit secret. Mais pour lâcher un peu de mots, nous réfléchissons pas mal à nos squelettes, après, la vie d'un morceau évolue... L'enregistrement est une captation d'un moment, ensuite nos ritournelles s'en vont s'enrichir en live et donc se diversifier. Nos concerts sont, d'un point de vue technique et scrupuleusement "notal", à chaque fois différents. Pendant une portion appréciable du show, soit dans les attaques, soit dans les transitions, l'oreille peut se faire bonheur à l'écoute d'une variation Guiltyenne. Une telle disposition est le fruit d'un apprentissage... 


La composition du groupe est classique, mais j’ai souvent l’impression d’entendre plus que de la guitare-basse-batterie-chant sur le disque. Y a-t-il des invités ?
Bob Litter : ah bon....
J.Gé : C'était un de nos fantasmes, pouvoir utiliser les talents qui gravitent autour de nous pour notre seul plaisir !!! Alors on s'en est donné à cœur joie ! Au final, il y a une dizaine de personnes qui sont venues apporter leur touche à l'album, Manu Hermia au sax et au bansuri, Jeuc Dietrich à la vielle à roue et au cello, Toma d'aMute et François qui nous enregistraient aux claviers, VoltVoice aux guitares, Jennifer El Gammal au Trombone et des filles saoules aux chœurs, entres-autres...

C’est comment un concert du groupe ?
Sal Jean : Déjà un peu développé dans une autre question, mais je dirais, "pas mal", "C'est différent", "mais pourquoi les guitares vont si fort"? , "Pourquoi vous bougez comme ça sur scène?", "les vidéos sont vraiment terribles", "le chanteur j'aime pas quand y crie, j’préfère la voix de l'album"... etc.

Bob Litter : Faudrait demander aux gens qui nous ont vus ... Mais vu de la scène, c'est : démarrage, regarder les gens, se dire bon y a encore que nous qui allons danser (ou pas), puis on se dit wouaw ce morceau passe bien aujourd'hui (ou le contraire), puis après c'est soit: Là je suis, mais alors là! Super Bien... Ou alors je me dis: "T'es pas dedans mais peut-être que les autres si...", et puis y a de jolies images qui défilent devant nos yeux ... Et les gens se mettent nu sur les envolées érotique... non, je m'égare.

J.Gé : Ca reste le but final de ce groupe ... La magie qui se dégage lorsque on est sur scène et qu'on sait que tout est à faire, qu'on est chacun libres de tirer les autres vers quelque chose qui n'est pas prévu ...
Et quand le public reste attentif et rentre dans cet envoûtement avec nous ... Alors là c'est tout le travail de ces dernières années qui prend son sens ... 


La suite (et la fin) demain !!


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