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A mes heures perdues, je suis boulimique de jeux PS3. Et je ne vous cacherai pas que j'ai passé moult heures sur des titres tels que
Borderlands ou
Fallout. Mais de temps à autre, je me joue un plan "cool down" et je me relaxe sur
Flower. Pourquoi digressé-je de la sorte, me demanderez-vous ?
L'analogie avec
Z A L E M (note au groupe : faites chier les gars, avec vos espaces insécables) s'impose. Et je veux par la même occasion prévenir les grands amateurs de barbaque qui se gavent de
Deicide et autres
Haemorrhage qu'il va falloir faire preuve d'ouverture d'esprit ici. Faisez pas vos cro-magnons pour une fois, quoi.
Stigma est une invitation au voyage, à l'introspection, qui doit se déguster lentement, avec patience, comme lorsqu'on découvre un nouveau mets. Presque totalement instrumental, il constitue une sorte de construction musicale en montagnes russes, entrainant l'auditeur sur une mer qui le ballotte entre vagues paresseuses et tempêtes éphémères. Mais attention, on ne joue pas dans la catégorie "instru carte-postale" avec cette double plaque. Stylistiquement parlant, le groupe se positionne comme formation post-rock, et ne rechigne pas à s'aventurer en intégrant des arrangements à prise de risque élevée (claviers, violons, voire xylophone). Le rapprochement avec des formations à caractère expérimental (
Pink Floyd et
Tool en premier, et selon les dires du groupes,
Smashing Pumpkins avant tout) se dessine rapidement à l'écoute de l'album. Il faut dire que
Stigma marque 1h49 au compteur (plus d'une demi-heure pour la plage de clôture), ce qui donne un aperçu de l'ampleur de la tâche. Autrement dit, n'attaquez pas la plaque à coups d'iPod dans le bus de 7h23, paske ça va pas le faire. Privilégiez un endroit tranquille, sombre et sec, un peu comme si vous vous mettiez à la place de votre dernier achat de Saint-Emilion grand cru.
Si je devais laisser parler mon esprit chagrin, je serais tenté de dire que les monologues qui émaillent
Stigma semblent über-intello, sans parler du titre de certaines plages (
Pandemonium Redux,
Panorama Ephemera... allez-y mollo les mecs). Enfin c'est un peu pour faire mon "nareux" (comme on dit dans ma région), car
Stigma se révèle être une expérience musicale très plaisante, à tel point qu'il passe en boucle dans mon bureau quand j'ai besoin d'une bulle à moi. Installez-vous confortablement avec votre casque audio préféré, appuyez sur play et donnez-lui sa chance... vous ne serez pas déçu(e)s.