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samedi 31 mars 2012

Les sorties du trimestre

Vous aurez remarqué que je me suis méchamment calmé en termes de chroniques d'album (comment ça non ?). Il faut dire qu'outre un emploi du temps bien chargé, je me suis un peu lassé de l'exercice, et j'avais l'impression de toujours un peu me répéter et ressortir les mêmes poncifs et phrases toutes faites à chaque fois. ça ne veut en tout cas pas dire que j'écoute moins de musique, que du contraire, voici donc un petit topo des plaques de ce premier trimestre qui valent le coup d'oreille !
Adrenechrome : "Hideous Appetites"
Le métal progressif largement inspiré par Mastodon auquel vient se greffer une sévère dose de thrash rend l'album d'Adrenechrome indispensable ! Bel outsider.
Biohazard : "Reborn In Defiance"
On est loin d'Urban Discipline ou de State Of The World Address, mais le nouveau Biohazard est quand même l'album le plus audible qu'ils aient sorti depuis bien longtemps.
Corrosion Of Conformity : "Corrosion Of Conformity"
Même sans Pepper Keenan, COC met toute la scène crossover/punk/sludge/doom à l'amende avec une facilité déconcertante.
Ektomorf : "The Acoustic"
Ça aurait pu être une ignominie, mais finalement, c'est tellement sincère et bon enfant que ça en devient touchant. Un EP aurait suffi, mais bon, le groupe s'améliore, y a pas à chier.
Goatwhore : "Blood For The Master"
De très très loin mon groupe de black préféré, même si le death n'roll et le thrash sont tout aussi présents dans les influences du groupe, sans parler du groove inhérent à tout groupe qui sort de la Nouvelle Orléans. Goatwhore n'est pas aussi terrifiant que sur Carving Out The Eyes Of God, mais reste impressionnant de brutalité crasse.
Lamb Of God : "Resolution"
YES !!! Moi qui avait été un poil déçu par Wrath, je retrouve sur cet album le Lamb Of God que j'aime, technique, groovy, efficace et qui TUE !!!
Litfiba : "Grande Nazione"
Comme tout bon rital qui se respecte, Litfiba fait partie intégrante de mon paysage musical, en particulier le séminal Terremoto qui est un vrai classique du genre. Je suis donc content que le groupe revienne 20 ans après avec un album de rock pur et dur, qui lorgne méchamment du côté de ce grand classique, faisant l'impasse sur les trucs tout nazes qui sont sortis entretemps.
Mark Lanegan : "Blues Funeral"
Je connaissais mal la carrière solo du frontman des Screaming Trees, et si cet album est bien, quoique parfois déroutant par son approche électro, il m'a permis de me pencher sur la carrière du bonhomme, et il y a des perles d'une qualité rare !
Mustasch : "Sounds Like Hell, Look Like Heaven"
Le soufflé Mustasch est un peu retombé. Est-ce parce que l'effet de surprise n'est plus là, ou parce que le groupe est au bout de son concept, ou peut être simplement que cet album n'est pas leur plus inspiré ? Je l'ignore, mais je suis un peu resté sur ma faim sur ce coup-là.
Orange Goblin : "A Eulogy For The Damned"
L'approche résolument old school du groupe et sa culture musicale qui s'étend du doom traditionnel au stoner en passant par le southern rock, le classic rock, le thrash, et j'en passe, me fait inexorablement penser à Down. Pas musicalement, parce que ça n'a pas grand chose à voir, mais par le talent du groupe à n'avoir que des influences old school sans pour autant être un groupe revival. Clairement articulé autour de riffs hallucinants, A Eulogy Of The Damned est un vrai chef d'oeuvre du genre, qui tourne en boucle depuis son achat. Cet album a tout pour lui, et il s'est d'ores et déjà réservé une place au chaud dans mon top 2012 !

Soen : "Cognitive"
On a déjà parlé du projet de l'ancien batteur d'Opeth et de Steve Di Giorgio, et on a aussi parlé de l'incompréhensible propension du groupe à spolier allègrement l'univers de Tool. C'est dommage, parce que l'album n'est pas mauvais, voire franchement bon par moments, mais impossible d'y voir autre chose qu'une pâle copie de l'original.

Suicidal Angels : "Bloodbath"
Suicidal Angels, c'est juste LE meilleur groupe de rethrash de la terre, point-barre. Sur cet album, ils étendent leurs horizons très Sepulturiens à des influences comme Kreator, et s'aventurent parfois même dans le terrain mid tempo/structure à tiroirs des vieux Metallica. Ce n'est pas aussi parfait que Dead Again, mais c'est quand même vachement bien.

Guilt Monkey : "Crash And Burn"
Mon dernier gros gros coup de coeur est un power trio bruxellois absolument irrésistible qui pratique un rock groovy pêchu et original dont je ne me lasse pas une seconde. Un album hyper riche que je vous invite à (ré)écouter tout de suite !!

Dirge Within : "There Will Be Blood"
Du metalcore à l'américaine de facture très classique, mais tellement bien composé qu'il en devient irrésistible ! Efficace, catchy, avec un son énorme, il n'y a vraiment pas grand chose à jeter de cet album qui va vite devenir un des meilleurs du genre. Le genre d'album que Shadows Fall ou All That Remains rêverait de sortir.

Dunderbeist : "Black Arts & Crooked Tails"
Sous des atours de groupes à la mode (ils sont 7, jouent maquillés/masqués, sont apparemment des stars dans leur Norvège natale, etc.) Dunderbeist a sortie une petite perle de rock/métal mélodique moderne, qui touche au prog sans jamais y plonger, original, qui fourmille de bonnes idées, aux influences marquées, mais tellement diverses et bien rendues qu'au final, on ne les distingue plus vraiment, un peu à la manière d'Audrey Horne. Le chant est magnifique, et l'album, une des meilleures surprises de l'année so far...

Black Breath : "Sentenced To Life"
Dans la catégorie "je spolie allègrement Entombed", Black Breath est de loin un des meilleurs. Ils y ajoutent un côté brut de décoffrage limite punk, et si cet album n'apporte rien par rapport au précédent, il est au moins aussi bon et régressif.

Everytime I Die : "Ex Lives"Je suis relativement hermétique aux gesticulations screamo de ce genre de groupe, mais je dois bien reconnaître que ponctuellement, Everytime I Die parvient à capter mon attention. Cet album est le premier que je sois parvenu à écouter en entier en une fois, sans tout adorer, mais sans que rien ne m'horripile vraiment non plus. Si je le réécoute un de ces quatre, je creuserai peut-être bien le sujet.

Holding Sand : "Some Things Are Better Left Undead"
Je vous dois une chronique en bonne et due forme les gars ! Toujours est-il qu'après un EP fulgurant dont on a parlé l'année dernière, Holding Sand transforme l'essai sans peine avec un premier album très réussi. 

Meshuggah : "Koloss"
Je n'ai pas encore vraiment pu m'imprégner totalement de cet album, et je ne suis pas exactement un spécialiste en la matière, mais ma première impression de cet album est que Meshuggah a voulu s'éloigner du monstre qu'il a créé bien malgré lui, et a une approche beaucoup plus directe, qui ressemble fort à un gros pied de nez aux hordes de djentistes mathématiciens casse couilles qui n'ont rien d'autres à proposer que des algorithmes, quitte à laisser la créativité et la musicalité aux oubliettes. Le djent est une scène mécanique, froide et sans âme, là où Meshuggah est organique, protéiforme, effrayant et dangereux.

Napalm Death : "Utilitarian"
Que dire encore de Napalm Death ? Après 30 ans, ça reste aussi bon et brutal qu'au premier jour. Le groupe qui déçoit jamais...

Backfire! : "My Broken World"
Une putain de bombe !! Les hollandais démontrent qu'ils sont au top de la scène hardcore mondiale avec cet album qui sonne comme un uppercut en travers de la gueule. La toute grande classe.




God Forbid : "Equilibrium"
A la question : God Forbid peut-il rester bon même après le départ de Dallas Coyle ? On a aujourd'hui une réponse : non ! Certes, c'est un peu dur, Equilibrium n'est pas un mauvais album en soi, mais il est de facture très classique, trop classique en regard de la discographie du groupe, en particulier le magnifique Earthsblood qui a eu les honneurs du top en son temps.


Wild Zombie Blast Guide : "Wild Zombie Blast Guide"
Une preuve supplémentaire qu'on peut faire du gratuit sans pour autant verser dans la médiocrité. Un album amateur dans sa réalisation, qui part un peu dans tous les sens, mais qui fourmille de bonnes idées et qui, au final, est plus qu'écoutable.


Ministry : "Relapse"
Un sérieux concurrent au titre de pire bouse 2012. Comment Al Jourgensen en est arrivé là ??



dimanche 1 mai 2011

Ultimate Universal Top Album : 1993 - 5e partie

  • Life Of Agony : "River Runs Red"
    Cover (River Runs Red:Life of Agony)
    Un album complètement révolutionnaire. A l'époque ou le hardcore/crossover commence à devenir un genre populaire, principalement grâce à Biohazard, Life Of Agony le réinvente en mêlant à des allures de tough guy, des rythmes groovy, des riffs énormes et des choeurs de bûcheron un chant totalement inédit, qui influencera des centaines de vocalistes par la suite. A la fois énervé, mélancolique, hargneux et poétique, Keith Caputo est un être à part, au talent inouï, qui ose parler de son mal être, de la séparation de ses parents, de jeunesse bafouée, et d'autant de thèmes qui font tache à une époque où personne ne le faisait dans ce style. River Runs Red est aussi unique en son genre car le groupe ne se répètera jamais, évoluant à chaque album vers un style plus rock, plus soft, laissant toujours plus de place au talent hors normes de son frontman.
  • Litfiba : "Terremoto"
    Cover (Terremoto:Litfiba)
    J'ai une histoire un peu particulière avec Litfiba. Il faut savoir qu'au début des années 90, le groupe s'était lié d'amitié avec une bande de gars qui ont formé Pirata Concerts afin de les faire venir jouer à Liège. L'association est par la suite devenue une référence en matière d'organisation de concerts rock et métal dans la région. A ça s'ajoute le fait que Litfiba est le premier groupe italophone à pratiquer un rock couillu, provocateur et politiquement engagé, à mille lieues de la soupe commerciale infâme qu'est la variété italienne. Et Terremoto est, de loin, le meilleur album que le groupe ait sorti, ou Litfiba s'en prend à la mafia, aux politiciens corrompus, au capitalisme à outrance, à tout ce qui ne va pas en Italie, alors que tout le monde ferme sa gueule en Italie, omerta oblige... Bref, Litfiba a su faire le lien entre le jeune métalleux rebelle et engagé et l'ado issu d'une famille immigrée italienne baignant dans cette culture depuis son plus jeune âge que j'étais alors. 
  • Loudblast : "Cross The Threshold"
    Sorti la même année que Sublime Dementia, cet EP 6 titres a marqué mon adolescence. Certes, sa pochette n'y est pas étrangère, mais le death metal classieux, mid tempo et ultra mélodique est juste à tomber par terre. Le morceau-titre est un de mes morceaux de death préférés du monde, et le chant de Stéphane Buriez est juste parfait, il est un des rares à rester intelligible en grognant, ce qui tombe bien, puisque les paroles sont euh... savoureuses. Notons aussi une reprise incroyable du Mandatory Suicide de Slayer qui égale, voire surpasse, l'originale !
  • Meathook Seed : "Embedded"
    Cover (Embedded:Meathook Seed)
    Quand j'ai lu dans la presse métal qu'un projet réunissant des membres de Napalm Death et d'Obituary allait voir le jour, j'ai petté un plomb. D'autant que je l'ai écouté chez un disquaire, qu'il me plaisait bien, et que l'édition collector avait une pochette semi-transparente du plus bel effet. Je ne sais plus pourquoi, mais je ne l'ai pas acheté. Je l'ai amèrement regretté et je me suis remis à sa recherche, sans jamais le trouver, même pas à la Médiathèque (la vraie, pour le coup). Il a longtemps été mon Saint Graal, l'album que je devais me procurer à tout prix, jusqu'à ce qu'Internet fasse son oeuvre, et que je puisse enfin le réécouter, à défaut d'avoir l'édition limitée. Et il faut bien dire que dix ans après, le métal industriel a salement vieilli, et que l'album n'est pas aussi indispensable que je l'ai longtemps cru, même s'il a ses moments.
  • Metallica : "Tearing Your Insides Out"
    Encore un bootleg un peu particulier de Metallica. A l'époque, j'avais décidé qu'il me fallait une version live de TOUS les morceaux de TOUS les albums. Comme les bootlegs jalonnaient encore les rayons des Fnac à l'époque, dès que l'un d'eux contenait au moins un titre dont je ne possédais pas une version live, je me jetais donc dessus tel un évêque sur un louveteau. Celui-ci avait plein d'atouts : un double CD capté sur la tournée Nowhere Else To Roam, qui montre un Metallica au mieux de sa forme, avec un son parfait, et des interprétations magistrales de Creeping Death (avec Jason qui chante toute la deuxième partie), Of Wolf And Man et Disposable Heroes en guise de raretés, et une version dantesque de 17 minutes de Seek n'Destroy. C'est aussi en écoutant ce live que je me suis dit que le prochain album serait certainement plus mélodique, tant on sentait que James Hetfield chantait de manière plus posée et juste. Du coup, j'étais super content d'avoir raison quand Load est sorti trois ans plus tard !
  • Monster Magnet : "Superjudge"
    Cover (Superjudge:Monster Magnet)
    Découverts chez Vanessa Warwick, le stoner psychédélique de Monster Magnet m'a tout de suite plu. Je m'en suis assez vite lassé à l'époque, tout parti que j'étais dans des choses plus extrêmes, mais j'ai redécouvert cet album (et les autres) avec beaucoup de plaisir en 2007, et je me suis rendu compte que ces mecs avaient tout compris quinze ans avant tout le monde, et que si un album comme Superjudge sortait aujourd'hui, il ferait un carton comme on en a rarement vu !