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mercredi 21 septembre 2011

Hank III : "Ghost To A Ghost/Guttertown", "Attention Deficit Domination", "3 Bar Ranch : Cattle Callin"



Le moins qu'on puisse dire, c'est que Hank Williams, 3ème du nom, a bien bossé cette année, puisqu'il sort simultanément trois albums, dont un double ! Pour rappel, Hank III est le petit fils de Hank Williams, géniteur de la renegade country, ainsi que de Hank Williams Jr, star de la country des années 70. Trois générations donc que la famille Williams est présente sur la scène, avec un succès de masse certes restreint, mais unanimement acclamé pour sa crédibilité et son combat pour une scène country authentique, loin des standards commerciaux qui ont rendu le style risible, façon Grand Ole Opry ou Dolly Parton. Le fiston a plusieurs cordes à son arc, et il tire toutes ses flèches d'un coup avec cette salve d'albums. Ghost To A Ghost/Guttertown est la partie la plus country old school de l'ensemble, avec des morceaux qui rappellent indéniablement ceux de son grand père, même s'il a une manière unique d'aborder le genre, y intégrant influences punk, rock n'roll, cajun, voire expérimentales au fil des morceaux. 
Attention Deficit Domination reflète un autre aspect du personnage, qu'il explorait jusqu'ici sous le nom d'Assjack, mais il fait tomber une barrière supplémentaire en sortant sous son nom propre un album de punk/métal/sludge expérimental barré pas toujours facile d'accès, mais étonnant de créativité. Le plus étonnant reste malgré tout la dernère partie du trio d'albums, 3 Bar Ranch : Cattle Callin étant une mise en musique des enchères de bétail du sud profond. Ca a l'air bizarre dit comme ça, et c'est normal, parce que c'est super bizarre. J'avoue ne pas être un spécialiste de la vente de bétail du fin fond de l'Arkansas, mais apparemment ça implique des gens qui parlent avec un débit très très rapide servant de lignes vocales aux expérimentation bruitistes de Hank. C'est très différent de ce qu'on écoute d'habitude, c'est parfois à la limite de l'audible, mais je suis tellement fasciné par le personnage que je suis curieux de tout entendre, quitte à en ressortir un peu perplexe par moments...

mardi 26 avril 2011

Gratos ? Hank III : "Hillbilly Joker"

Je vous ai déjà parlé à maintes reprises de Hank Williams III, qui mélange mieux que personne deux de mes genres musicaux préférés : le métal et la country ! Ses albums solos sont en général plutôt country old school et rebelle, comme le faisait son grand père (on appelle ça le renegade country, par opposition à la soupe commerciale servie par les Shania Twain et autres Garth Brooks. Il est aussi le maître à penser de Assjack, dans lequel il se laisse aller à ses penchants plus metal, punk et hardcore. Ce Hillbilly Joker est un album un peu particulier. Musicalement, il fait ce que je préfère : de la country boostée au métal ! Il fusionne les deux genres avec talent et le résultat dépotte un max ! C'est aussi un album qu'il avait enregistré il y a plusieurs années, qui avait été refusé par sa maison de disques de l'époque, tout en lui interdisant de le sortir ailleurs. Les morceaux qui le composent avaient fini par filtrer dans des bootlegs divers, avec la bénédiction de Hank. Aujourd'hui, la maison de disques en question sort l'album sans demander son avis à l'intéressé, qui déconseille donc à ses fans de l'acheter, mais plutôt de se le procurer par d'autres moyens. Pas exactement gratos donc, mais bon si Hank III est d'accord, on va pas faire plaisir à son ancienne maison de disques non plus !

lundi 9 août 2010

Les sorties de la semaine

  • Hank Williams III : "Rebel Within"
    J'aime beaucoup Hank Williams III, qui me permet de me rendre compte que je ne suis pas la seule personne au monde à aimer à la fois la country et le métal. Multipliant les projets et les sorties, Hank est décidément prolifique, et après nous avoir fourni le premier album d'Assjack, son projet metal-punk-cowpunk, l'année dernière, il revient avec un nouvel album de pure renegade country, dans la plus pure tradition de celle que proposait son grand père. 
  • Sleepy Sun : "Fever"
    Planant et trippant, le rock psychédélique de Sleepy Sun semble tout droit sorti d'un délire LSD qu'un hippie aurait fait en 1973. 
  • The Dead Weather : "Sea Of Cowards"
    Les mecs de Guilty Brothers Experience m'ont recommandé cet album. Mais j'y peux rien, j'ai toujours eu du mal avec le côté hype des projets de Jack White, et je n'arrive pas à me défaire de l'image qu'il véhicule, ce qui annihile complètement tout plaisir que je pourrais prendre à l'écoute de la plaque. Bref, c'est ptete bien, mais ça m'énerve quand même.
  • L.A. Guns : "Covered In Guns"
    Si j'ai bien compris, il y a aujourd'hui deux groupes qui s'appellent L.A. Guns, l'un avec Tracii Guns, l'autre avec ses anciens musiciens. Je ne sais pas lequel des deux a enregistré cet album de reprises, mais il aurait franchement pu s'abstenir, c'est du gros caca. C'est mou, sans intérêt, moins bien que l'original, et si c'est encore limite passable quand il s'agit de reprises de Kiss, Def Leppard, AC/DC, ça devient carrément ridicule quand ils décident de reprendre le Check My Brain d'Alice In Chains dans une version que même les Kerbcrawlers auraient pas osé.
  • The Other : "New Blood"
    Leur premier album était un brûlot mi-horror punk mi-psychobilly qui m'avait bien plu. Ici, ils ont rajouté un côté gros métal couillu qui les fait sonner comme un ersatz des Murderdolls, et j'aime pas les Murderdolls.
  • Bombus : "Bombus"
    Bombus pratique un metal sludgy, doomesque et stonerisant tout droit hérité de la scène Kylesa, 16 et consorts, à savoir une scène qui se la pette, et qui a souvent rien à proposer que Mastodon n'ait déjà fait il y a 10 ans en mieux. Bombus ne fait pas exception, et son album ne fait donc pas illusion longtemps.

lundi 20 juillet 2009

La playlist de la semaine : The Phil Anselmo Legacy

Phil Anselmo est l'un des frontmen les plus intéressants que la scène nous ait offert... Charismatique, polémique, torturé, hyperactif et ultra doué sont quelques unes des caractéristiques qui le distinguent. Il est bien évidemment avant tout et définitivement connu comme vocaliste de Pantera, mais il a eu des dizaines de projets, musicaux, au chant et à la guitare, une maison de disques (Housecore Records) pour produire des groupes de la Nouvelle Orléans dans lesquels il joue, la plupart du temps, mais il a aussi participé à un film (The Manson Family, le film le plus déjanté sur le sympathique serial killer et sa bande), et créé, toujours à la Nouvelle Orléans, la maison hantée la plus barrée de toute l'histoire de l'humanité... Dans cette playlist, un petit florilège de ce Phil Anselmo et ses amis proches ont fait de mieux...

1 ère époque : Pantera
Tout le monde sait que Pantera existait en tant que groupe de glam metal avant que Phil ne les rejoigne... Mais une fois recruté, avant d'enregistrer "Cowboys From Hell" est sorti le split album "Power Metal" (avec Villain sur la face B). Très glam/Judas Priest dans l'âme, mais le morceau titre préfigurait de ce que le groupe allait devenir, il n'est d'ailleurs pas sans rappeler "Heresy" sur "Cowboys...". Entre 1988 et 1996, un album tous les 2 ans, et même si pour beacoup ils ont atteint le sommet en 1992 avec "Vulgar Display Of Power" (c'est vrai qu'il figure à l'aise au Panthéon des meilleurs albums jamais sortis d'une presse), les deux albums qui ont suivi ("Far Beyond Driven" en 1994 et "The Great Southern Trendkill" en 1996) contiennent leur part non négligeable de grosses baffes dans la gueule... Il faudra attendre 4 ans avant "Reinventing The Steel" qui sera le chant du cygne du groupe, Anselmo étant à l'époque complètement ravagé par l'alcool, la drogue et de graves problèmes de dos... Commençons donc par le meilleur morceau de chacun de ces albums...

1. "Power Metal" (1988)

2. "Domination" (1990)

3. "Fucking Hostile" (1992)

4. "5 Minutes Alone" (1994)

5. "Suicide Note Pt. 2" (1996)

6. "Death Rattle" (2000)

En 1995, Phil Anselmo profite d'une année impaire pour former avec ses potes de New Orleans un groupe de stoner... Cool, d'autant que les potes en question sont les membres de Crowbar, Corrosion Of Conformity et Eyehategod... Down est né et avec "Nola", son premier album, redéfinit les règles du genre et sert le meilleur album que le genre a connu depuis les heures de gloire de Black Sabbath, rien de moins... Il faudra attendre le split de Pantera pour qu'en 2002 le groupe se reforme et réitère l'exploit avec un "II" tout aussi magistral. Down devient alors le projet principal d'Anselmo, et il enfonce le clou avec le 3e album (III) en 2007, qui est certainement le meilleur album auquel Anselmo ait participé à ce jour... Le 4ème album est en préparation et est attendu pour dans un an d'après Pepper Keenan...

7. "Stone The Crows" (1995)

8. "New Orleans Is A Dying Whore" (2002)

9. "Mourn" (2007)

10. Superjoint Ritual : "Fuck Your Enemy" (2002)
Formé en 1993 par Anselmo afin qu'il puisse exploiter ses compos et les influences punk, black, hardcore et autres qu'il ne pouvait exprimer dans Pantera, Superjoint Ritual se compose lui aussi de membres de Crowbar et Eyehategod, et seront rejoints plus tard par le country man le plus métal du monde : Hank Williams III. Outre le chant, Anselmo y joue de la guitare et compose la plupart des morceaux. Deux albums verront le jour jusqu'au split en 2004 : "Use Once And Destroy" en 2002 et "A Lethal Dose Of American Hatred" en 2003.

11. Arson Anthem : "Wreaked Like Clockwork" (2008)
Arson Anthem est un groupe de punk hardcore ultra oldschool avec Phil aux grattes, Hank III à la batterie et Mike Williams de Eyehategod au chant.

12. Christ Inversion : "Godfall" (2008)
Projet mort né de death metal avec de nouveau Anselmo aux grattes... Pas d'albums, juste deux démos à leur actif.

13. Necrophagia : "And You Will Live In Terror" (1999)
Groupe de black metal oscur et underground comme je les aime pas, mais chez qui Anselmo (et sa femme) a joué de la guitare quelques années sous le nom d'Anton Crowley.

14. Southern Isolation : "Southern Man I Am" (2001)
Attention, petite perle rare... Southern Isolation est le projet solo de l'ex femme de Phil, Opal, sur lequel elle pratique un Folk/Blues/Southern Rock acoustique de très bon aloi, et ce morceau est un magnifique duo entre Opal et son ex-mari...

15. Vision Of Disorder : "By The River" (1998)
Phil Anselmo joue les invités de luxe sur ce morceau d'une brutalité sans nom.

16. Anal Cunt : "Van Full Of Retards"
A tous les coups ces gros cons d'Anal Cunt se sont engueulés avec Anselmo, y font ça avec tout le monde...

17. Soilent Green : "Walk A Year In My Mind" (1998)
Ce groupe cultissime de la Nouvelle Orléans mélange avec une aisance étonnante le grind le plus crasseux au sludge le plus pouilleux... Et se paye des choristes de luxe, mais bon, faut se lever tôt pour l'entendre hein...

18. Biohazard : "HFFK" (2001)
HFFK = Hate Fuck Fight Kill... et c'est Phil qui crie le Fuck...

19. Crowbar : "All I Had (I Gave)" (1993)
Pas de Phil sur le disque ici, mais c'est lui qui a produit leur album éponyme de 1993... Vous le saviez pas hein ?

20. Corrosion Of Conformity : "Vote With A Bullett" (1991)
DAS groupe de la Nouvelle Orléans, avec à sa tête l'ultime Pepper Keenan (l'homme qui refuse la place de bassiste de Tallica, pas comme l'autre pédale de Les Claypool qui lui a juste pas eu le job)...

21. Assjack : "Mary Fucking Jane" (2003)
Hank Williams III est le petit-fils de Hank Williams, chanteur ultra mythique de la country des années 40. Il tient le flambeau familial avec grâce puisqu'il est à ce jour un des artistes country old school les plus respectés de la scène, et s'amuse de temps en temps à foutre un casin sans nom avec Arson Anthem, Superjoint Ritual ou Assjack, son projet hardcore bien foutu...

Oh ben tiens les 21 morceaux culminent à presque 79 minutes, quel heureux hasard... allez, je termine par cette jolie vidéo ouskon voit notre Phil payer son hommage à Layne Staley devant un public de blaireaux bruyants...